Retrouvez ici quelques uns de mes articles parus
dans la presse imprimée et/ou web (en cours d’actualisation)…
________________________________________________

La tranquille Université de Strasbourg (UdS) gronde. En cause, la multiplication des expulsions de ses étudiants étrangers. L’UdS et la Ville s’inquiètent de la politique migratoire appliquée par la préfecture, en totale contradiction avec l’image internationale de la capitale alsacienne et de son université.
Lire la suite sur Rue89 Strasbourg
© Rue89 Strasbourg, 1er mars 2012. – Tous droits de reproduction réservés
_________________________________________________
Portrait / Karim Mokhtari

Enfance chaotique, violences familiales, délinquance… Pendant près de la moitié de sa vie, Karim Mokhtari, 33 ans, n’a connu que les foyers, les centres fermés et la prison. Libre depuis 2002, il achève aujourd’hui la rédaction d’un manuscrit dans lequel il dénonce avec rage le système carcéral français. Un livre en forme de rédemption et de thérapie.
La cage est accrochée dans un coin de l’appartement de Karim Mokhtari, situé dans le quartier gare à Strasbourg. À l’intérieur, enfermé, posé sur son perchoir, immobile, l’oiseau observe. Il semble attendre l’instant propice pour s’échapper, fuir sa prison. Karim Mokhtari lui ouvre la porte, mais l’oiseau ne bouge pas. Il n’ose pas. Sa cage lui semble finalement beaucoup plus rassurante que ce que lui offre la liberté. Alors l’oiseau reste…
« Il est trop habitué à être dedans. Il ne sait pas ce que c’est que d’être dehors, d’être libre. » Karim sait, lui, que c’est mieux dehors. Parce qu’il connaît bien le « dedans », ce que c’est que d’être derrière des barreaux. À 33 ans, il a passé près de la moitié de sa vie enfermé. Foyers, Ddass (Direction départementale de l’action sanitaire et sociale), centres fermés. Et en 1996, à tout juste 18 ans, c’est la prison. Condamné à dix ans pour « vol à main armée ayant entraîné la mort sans intention de la donner », il en passe six dans une dizaine de maisons d’arrêt et autres établissements pénitentiaires. Il les énumère comme un chef de gare les arrêts d’un train : « Amiens, Rouen, Villepinte, Bois-d’Arcy, Osny, Fresnes, Laon, Nantes… » Terminus, tout le monde descend, personne ne sort.
La prison fait de nous des animaux
En 2002, la porte de la prison s’ouvre, Karim est libre. Il jure de ne jamais retourner derrière les hauts murs, et se promet de dénoncer le système carcéral. Un lieu dans lequel on atterrit « parce qu’on est usé socialement, mais qui, une fois qu’on est à l’intérieur, nous menace humainement et fait de nous des animaux. C’est indigne du pays des droits de l’homme ».
Lunettes fines vissées sur le nez, Karim Mokhtari a le verbe haut quand il parle de la « zonzon ». Ses mots cognent le système pénitentiaire en plein visage. Il boxe ses phrases, maîtrise son débit, joue sur les figures de style, la parole habile. Il se dit en « lutte ». Il explique « mener un combat », parle « d’injustice ». Pas la sienne. Celle de la prison, « celle de tous les prisonniers qui, s’ils doivent évidemment purger leur peine, doivent le faire avec humanité pour mieux se réinsérer dans la société ».
« Ma réinsertion, on ne me l’a pas donnée, je l’ai braquée »
C’est ce qu’il veut expliquer dans un livre encore à l’état de manuscrit. « Je suis une exception dans le système de réinsertion français : je suis le 1 sur 1 000… Moi, ma réinsertion, on ne me l’a pas donnée, c’est moi qui l’ai braquée. »
« Pour Karim, sortir ce livre est une façon de rendre publique son histoire de la prison. Il jette à la face du monde ce qu’on cache habituellement », explique la conseillère régionale Lilla Merabet, ancienne directrice d’Unis Cités. C’est elle qui a embauché le jeune homme dans l’association de Service civique en 2006, sans rien connaître de son passé. « C’est en lisant le manuscrit que j’ai découvert cette partie de la vie de Karim. Une histoire dure, violente et choquante, mais qui révèle aussi la capacité de chacun à s’en sortir. »
Dans ce livre, Karim règle aussi ses comptes avec son passé de délinquant, avec son enfance « du côté d’Aulnay-sous-Bois dans le 9-3 ». « C’est sa thérapie à lui », dit Ilkay Mokhtari, la mère de ses deux filles dont il vit séparé aujourd’hui. Karim a noirci des centaines de pages dans lesquelles il raconte les premières années de sa vie, son père algérien qui, « à cause de ses problèmes d’alcool », se sépare de sa mère française avant sa naissance. Il raconte l’arrivée de son beau-père à cinq ans, puis la naissance de Sandrine, sa demi-sœur, deux ans plus tard. Karim devient l’intrus, le maillon gênant de la petite famille recomposée de laquelle naîtront trois autres demi-frères : Jérémy, Johnny et Arnaud.
Il passe du statut d’enfant toléré à celui d’enfant non-désiré, le petit à la tête d’Arabe, celui « qui rappelle à sa mère la gueule de son père ». Brimades, coups, privations de nourriture… Enfermé de longues heures dans un placard, il dort « avec les chiens ou dans la baignoire ». Sa mère et son beau-père, tous les deux blancs, le rebaptisent « le bougnoule ». Les violences s’aggravent jusqu’à son placement en foyer à huit ans.
Tatoué de force à onze ans sur l’épaule droite
Il ne rentre à la maison que pour les week-ends, lors desquels les coups et les humiliations reprennent. Comme lorsque, âgé d’à peine onze ans, son beau-père le tatoue de force avec un ami gitan. « Pour rigoler », dit Karim… « Au début j’ai lutté, mais après plusieurs coups, j’ai arrêté de bouger et j’ai serré les dents en espérant que ça passe vite. » Ça durera trois heures, le temps pour le tatoueur improvisé d’enfoncer son aiguille encrée de très nombreuses fois sur l’épaule droite de l’enfant. Et d’y inscrire « Johnny ». « Un hommage de mon beau-père à son idole, Hallyday. »
Face à cette violence, l’échappatoire que trouve Karim Mokhtari est dans la délinquance. Pendant neuf ans, il multiplie les vols et autres larcins, une façon de se « faire remarquer, d’exister dans cette famille de marginaux qui ne voulait pas de [lui] ». Il voyage de foyers en centres fermés et devient, aux yeux de certains éducateurs, « irrécupérable ». L’un d’eux aura cette formule prophétique à l’adresse du garçon : « Toi, avant tes 19 ans, tu seras en prison ».
Le « braquo » tourne mal, le dealer est tué
Juste prédiction. En 1996, à peine majeur, Karim Mokhtari et deux de ses copains partent, armés et cagoulés, voler un grossiste en stupéfiants. Le « braquo » tourne mal. Un coup de feu est tiré par l’un des complices. Le dealer s’effondre, mort. Karim et ses deux amis découvrent la prison, la vraie.
Celle des cellules de moins de dix mètres carrés partagées parfois par sept détenus, celle des matons, celle de la violence, de la loi du plus fort, celle « où il faut être craint pour être respecté ». Enfermé 22 h sur 24 h, il n’a le droit qu’à une ou deux douches par semaine. Son statut de DPS (détenu particulièrement surveillé) lui donne peu de droits, il change de prison tous les six mois. Son matricule devient son nom : « 53 136, à la douche », « 53 136, regagne ta cellule ». « Je savais plus qui j’étais, j’étais perdu. Personne n’est préparé à ça. »
Mais Karim Mokhtari sait se défendre. Lors de sa première promenade, quand deux détenus viennent le racketter sous la menace, il réagit comme il l’a toujours fait : avec haine, rage et violence. Une violence verbale, physique, animale, qui explose et surprend ses deux racketteurs… Il en attrape un par le cou et menace l’autre du poing. Karim hurle. Extrait de son manuscrit : « Viens là, enculé, et j’te fais la peau. Tu crois quoi, qu’tu peux m’soumettre comme ça ? Plus personne me tape, maintenant ! Plus personne me soumet ! On m’a déjà assez tapé et soumis comme ça pour toute ma vie ! ».
Karim garde sa veste et ses baskets, et gagne le respect de la « zonzon » : « Chez ceux qui avaient assisté à la scène, les regards avaient changé. Je ne me sentais plus observé comme une proie mais comme une menace potentielle ». Pendant trois ans, le jeune homme attend son procès en jouant avec les règles du milieu carcéral : « Tu veux une clope ? Tu la voles. Tu veux une paire de chaussures ? Tu la prends. Tu vois un pointeur (violeur; ndlr), tu le tabasses… Si on m’avait pris pour tout ce que j’ai fait pendant cette période, je serais encore en prison. »
Le soir, dans sa cellule, Karim Mokhtari ressasse, s’interroge, cherche une façon de s’en sortir. Il coupe tous les ponts avec sa mère et son beau-père : « J’ai décidé d’oublier ce qu’ils m’avaient fait, de leur pardonner. C’était ça ou je les tuais… »
La relation épistolaire devient relation amoureuse
Le déclic se produit le jour de son jugement, en 1999. Il est condamné à dix ans ferme. « Au coup de marteau, j’ai vu apparaître un tout petit point blanc, une minuscule lueur d’espoir. Alors j’ai décidé d’avancer, et j’ai vu grossir ce petit point blanc qui est devenu peu à peu ma porte vers la liberté. »
Karim Mokhtari tient les comptes. Il a déjà fait trois ans, il lui en reste sept à « tirer », sans compter les remises de peine. Il décide de devenir un détenu modèle pour les surveillants, évite les embrouilles et les bagarres, multiplie les demandes de formations. Le détenu 53 136 passe son bac, décide « d’apporter une plus-value à la société, d’être utile ». Selon lui, le système pénitentiaire n’a rien fait pour l’aider : « J’ai dû faire la grève de la faim pour pouvoir faire certaines formations ».
Un autre tournant de son incarcération est la rencontre avec sa future femme, Ilkay. Un hasard. « Un copain de Karim, à qui il avait écrit en prison, avait oublié sa lettre dans le bar de mon père. Je suis tombée dessus et nous avons commencé une correspondance », explique la jeune femme de 32 ans. La relation épistolaire devient amoureuse. Le couple ne se voit que trois fois. Un parloir et deux permissions arrondissent le ventre de la jeune femme. Le point blanc de Karim continue de s’agrandir, et la lueur d’espoir se transforme en liberté en novembre 2002.
Terminée la « zonzon ». Karim est dehors. Le couple s’installe rapidement. Banlieue parisienne d’abord, Strasbourg ensuite, où Ilkay a une partie de sa famille. En quelques mois, Karim Mokhtari renoue avec la société. Le 8 mars 2003, il se marie. Le 9 mars, il fête ses 25 ans, libre. Cinq jours plus tard, il devient père.
Fort de ses nombreuses formations et de son bagout, il multiplie les boulots, fait quelques chantiers, monte une association, devient éducateur. Fin 2006, il est embauché comme coordinateur régional d’Unis Cités, avec pour mission d’encadrer les jeunes volontaires au Service civique.
Encore hanté par l’univers carcéral
« Karim a besoin d’être là pour les autres, de leur donner la chance qu’il n’a pas eue », dit de lui sa femme. « Il apprécie davantage d’aider un jeune en difficulté qu’un jeune normal », renchérit Christine Alves, sa patronne et actuelle directrice de l’association. Un des premiers projets portés par Karim a d’ailleurs été de créer des liens entre Unis Cités et l’univers carcéral. « Grâce à Karim, nous avons des volontaires qui interviennent à la maison d’arrêt », poursuit Christine Alves. « Faire entrer la société civile dans les prisons, c’est une des clefs pour améliorer le sort des détenus », assure Karim Mokhtari.
Sorti de prison il y a bientôt neuf ans, Karim Mokhtari reste encore hanté par l’univers carcéral. « Un bruit de clef dans une serrure ou une odeur me ramènent là-bas. » Il y a peu, sa femme et lui se sont séparés, « provisoirement » selon le couple. « Karim n’a aucun repère familial. Il ne sait pas comment doit se comporter un père normal avec ses enfants. Alors à la maison, il est parfois absent. Il a besoin d’être seul », confie Ilkay Mokhtari, qui explique être prête à ce sacrifice par amour.
« Karim se cramponne à son passé comme la seule bouée qu’il connaisse. Mais aujourd’hui, il faut qu’il aille de l’avant », dit la conseillère régionale Lilla Merabet. Comment ? « En écrivant et en publiant ce livre, répond le jeune père de famille. Dans le passé, j’ai souvent pris à la société. Avec ce bouquin, j’espère lui apporter quelque chose. » Peut-être un petit point blanc, une lueur d’espoir.
Matthieu Mondoloni
1978: naissance dans le XIII e arrondissement à Paris.
1986: premier placement en foyer.
1995: à 17 ans, il demande son émancipation et s’enrôle dans l’armée de l’air, avant de la quitter moins d’un an après.
1996: braquage, avec deux complices, d’un grossiste de stupéfiants. Le dealer est tué. Karim entre en prison.
1999: condamnation à dix ans de prison pour « vol à main armée ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
2002: sortie de prison après six années passées derrières les barreaux.
2003: mariage avec Ilkay, naissance de sa première fille Raniah.
2006: devient coordinateur régional pour l’Alsace de l’association Unis Cités.
2007: naissance de sa deuxième fille Rabiha.
2009: début de la rédaction de son livre, co- écrit avec son ami Charlie Carle, sur la prison.
Septembre 2011 : va devenir coordinateur national d’Unis Cités.
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 11 mars 2011. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Interview / Claude Gilles, journaliste haïtien
Les Assises internationales du journalisme se sont achevées hier soir par un débat consacré à Haïti, en présence de Claude Gilles, journaliste haïtien. Pour les DNA, il revient sur la situation dans son pays, dix mois après le tremblement de terre meurtrier et une semaine avant les élections présidentielles.
« Malgré tout ce que ce pays nous a fait vivre, nous continuons à l’appeler « notre Haïti chéri ». » Les cyclones, les coups d’État, le tremblement de terre du 12 janvier 2010, ses 225 000 morts et maintenant le choléra qui frappe la population, et qui a déjà fait plus d’un millier de victimes… Rien n’a fait partir Claude Gilles, journaliste haïtien au quotidien le Nouvelliste, « le plus ancien du pays ».
« Après le tremblement de terre, Reporters sans frontières nous a proposé, à moi et à mon épouse, de nous évacuer à Montréal, au Canada. Nous avons choisi de rester pour rendre à Haïti une partie de ce qu’elle nous a donné : la joie de vivre, le courage, l’éducation. Partir n’était pas envisageable », explique le journaliste.
Claude Gilles dirige également le Centre opérationnel des médias d’Haïti. Installé par Reporters sans frontières, il a pour mission d’aider les journalistes haïtiens et étrangers à faire leur travail dans un pays dont la grande majorité des infrastructures est toujours dévastée.
Le journal quotidien ne paraît qu’une fois par semaine
Plus que jamais, l’information doit circuler dans le pays. Les journalistes relayent les actualités importantes à une population en demande, et qui n’a d’autres moyens de s’informer que la radio et les journaux. Ou plutôt le journal. Car le seul à paraître quotidiennement est celui pour lequel travaille Claude Gilles, le Nouvelliste. « Après le tremblement de terre, il nous a fallu quatre mois pour retrouver un rythme de parution normal. Ce qui n’est pas le cas de notre principal concurrent, le Matin, qui ne parait pour l’instant qu’une fois par semaine », poursuit Claude Gilles.
Les médias locaux se remettent doucement à fonctionner. Les médias internationaux sont, eux, moins présents qu’au début. Ce qui a poussé les Assises internationales du journalisme à consacrer leur soirée de clôture à un débat intitulé « Haïti : de la surexposition médiatique à l’oubli ? ». Interrogation à laquelle Claude Gilles répond catégoriquement : « Non ! Les journalistes étrangers sont toujours là, moins nombreux certes, mais toujours là. Et avec les élections présidentielles du 28 novembre prochain, ils seront encore plus nombreux ».
Cinq candidats, sur les 19 déclarés, font figure de favoris pour succéder à René Préval à la tête de l’État. Le vainqueur sera le « président de la reconstruction », prédit Claude Gilles. « Il aura pour mission de remettre ce pays en état de marche, de transformer enfin le citron en citronnade. C’est notre dernière occasion de résoudre les problèmes d’Haïti. L’aide internationale arrivée depuis le tremblement de terre pourrait enfin permettre aux habitants de vivre dans un pays nouveau, un pays où l’éducation sera accessible à tous. »
L’éducation, maître-mot pour le journaliste haïtien. Le 12 janvier, quand la terre a tremblé, des familles entières qui étaient dehors ont pris peur et se sont réfugiées dans leur maison. Elles y sont mortes ensevelies sous les gravats.
L’éducation, maître-mot pour le journaliste haïtien
« Si on avait pu leur apprendre qu’il faut sortir des maisons et non y entrer en cas de tremblement de terre, elles auraient eu la vie sauve», se désole Claude Gilles. «C’est aussi en ce sens que l’éducation est primordiale. »
Claude Gilles reste confiant pour l’avenir de son pays, même s’il avoue que « les Haïtiens n’ont pas d’autre choix que d’espérer. C’est dans notre nature ». Et le journaliste de citer un écrivain haïtien : « Le peuple d’Haïti est un peuple qui chante, qui pleure et qui meurt en même temps ».
Matthieu Mondoloni
Le journaliste Joris Luyendijk, ancien correspondant de presse au Moyen-Orient, s’est vu décerner mercredi soir le prix des Assises du journalisme 2010 pour son livre Des Hommes comme les autres (Éditions Nevicata). C’est le journaliste d’Europe 1, Nicolas Demorand, qui présidait le jury. Un jury composé d’étudiants des écoles de journalisme reconnues par la profession a par ailleurs décerné le « prix du meilleur article médias » paru selon eux depuis les dernières Assises, en 2009. Le gagnant est Yves Eudes, journaliste au Monde, pour son article L’ère des robots-journalistes (10 mars 2010).
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 19 Novembre 2010. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Strasbourg / Assises du journalisme
A l’occasion des Assises du journalisme (*), le journaliste américain Paul Steiger, fondateur du site ProPublica, a partagé avec le public sa vision du métier. Un journalisme d’investigation moderne, entièrement financé par les dons, dont le but est de dévoiler ce que d’aucuns cherchent à cacher.
A la tête de la plus grande rédaction d’investigation des Etats-Unis, forte de 32 membres, Paul Steiger, 68 ans, a trouvé une seconde jeunesse. Présent à l’occasion de la première journée des Assises du journalisme qui se tiennent à Strasbourg jusqu’à ce soir, le fondateur du site Internet ProPublica a parlé de sa conception du journalisme d’investigation.
Car l’ancien journaliste du Wall Street Journal ne pense pas à la retraite. Son truc, c’est l’enquête, la recherche minutieuse et patiente de la bonne information, celle que les autres n’ont pas. Depuis 2008, date de la création du site Internet ProPublica, lui et son équipe de journalistes ont réalisé « 138 enquêtes publiées dans 38 médias différents ».
Originalité de la chose, tous ces articles sont donnés gratuitement aux journaux qui les publient sous licence Creative Commons. Un modèle de journalisme non-marchand (non-profit journalism) inhabituel au pays du capitalisme roi. « Au départ, les rédacteurs en chef hésitaient à nous faire confiance. Ils ne nous connaissaient pas et craignaient que nous ne menacions leur emploi et ceux de leurs journalistes. »
Aujourd’hui, ProPublica n’est plus craint mais respecté pour la qualité de son travail. Il a été récompensé par le prestigieux prix Pulitzer en 2010 pour l’ensemble de ses enquêtes réalisées après le passage de l’ouragan Katrina sur la Nouvelle-Orléans.
Là où certains médias ont fait le choix de la réactivité, de la rapidité et de l’immédiateté de l’information, Paul Steiger loue l’enquête au long cours. « Plusieurs de nos investigations ont nécessité jusqu’à deux ans de travail. »
Le financement se fait exclusivement par des dons. Un couple de richissimes américains, Herbert et Marion Sandler, donne chaque année plus de 10 millions de dollars (7,3M €). « Et chaque année, nous levons environ 4 millions de dollars (2,9 M€) supplémentaires auprès d’autres donateurs », explique Paul Steiger.
Et pour éviter les pressions éventuelles, lui et son équipe s’efforcent de multiplier les mécènes. « Ça évite de mettre tous nos oeufs dans le même panier. C’est le prix de notre indépendance… »
Matthieu Mondoloni
(*) Dernier jour des Assises du journalisme et de l’information. Soirée de clôture ce soir à 18 h 30 au cinéma l’Odyssée à Strasbourg : « Haïti : de la surexposition médiatique à l’oubli » avec la projection d’un documentaire suivi d’un débat. Plus d’infos sur http ://journalisme.com.
© Dernières Nouvelles D’alsace, Jeudi 18 Novembre 2010. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Strasbourg / Assises du journalisme
A partir d’aujourd’hui et jusqu’à jeudi, les « Assises internationales du journalisme et de l’information » se tiennent à Strasbourg. Pour les organisateurs, le thème de cette édition 2010 – « Du bruit ou de l’info » – doit permettre de réfléchir à l’exercice du métier et à la qualité de l’information.
« Notre credo, c’est de permettre à l’ensemble des acteurs de la profession, mais aussi à un public aussi large que possible, de se rassembler pour réfléchir à la qualité de l’information. » Jérôme Bouvier, journaliste médiateur de Radio France, organise pour la deuxième année consécutive les Assises internationales du journalisme et de l’information (AIJ) dans la capitale alsacienne.
Avec pour thème cette année « Du bruit ou de l’info ? », la manifestation proposera pendant trois jours (*) plusieurs ateliers, conférences et débats sur le métier de journalisme et sur l’information d’aujourd’hui.
Parmi les principaux invités attendus figurent les journalistes Nicolas Demorand, Harry Roselmack ou Paul Steiger, ancien rédacteur en chef du Wall Street Journal et fondateur du site d’investigation ProPublica, récompensé cette année par un prix Pulitzer pour sa couverture des conséquences de l’ouragan Katrina.
Du côté des ateliers, de nombreuses thématiques seront abordées : « Contre l’info low cost, viva la « slow info » », « Ils ont créé leur média en 2010 », « S’informer via les réseaux sociaux», ou encore « Téléphones et tablettes : le règne annoncé de l’info mobile »…
MMO (avec AFP)
Jusqu’à jeudi au Conseil de l’Europe et au centre-ville de Strasbourg. Programme complet, renseignements et inscriptions sur www.journalisme.com.
© Dernières Nouvelles D’alsace, Mardi 16 Novembre 2010. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
France / Les DNA ont testé en avant-première la tablette d’Apple, lancée aujourd’hui
Deux mois après son lancement aux Etats-Unis, l’iPad sort officiellement aujourd’hui en France et dans huit autres pays. Entre le smartphone et l’ordinateur portable, ce produit innovant se classe parmi les « tablettes numériques », nouvelle gamme en voie de démocratisation.
« Plusieurs centaines de personnes sont attendues demain dans notre magasin. Ça va être énorme », confie anonymement, en raison des accords draconiens imposés par Apple, le responsable d’un magasin (*) qui vendra l’iPad demain en Alsace. « La rupture de stock est possible, mais on espère un approvisionnement régulier », poursuit un autre.
Ce succès commercial annoncé n’est évidemment pas étranger au marketing d’Apple. L’objet se veut « révolutionnaire » selon son concepteur, Steve Jobs. Le PDG de la firme de Cupertino (siège d’Apple aux Etats-Unis), avec tout le talent commercial qu’on lui connaît, avait su aussitôt créer une demande pour un objet qui n’existait alors pas encore officiellement.
400 000 tablettes fin 2010 en France
Les différents partenaires de la marque à la pomme s’accordent à dire que la sortie en France du dernier-né d’Apple devrait être à la hauteur de celle connue aux Etats-Unis, au début du mois d’avril. En l’espace d’une journée, l’iPad s’y était écoulé à plus de 300 000 exemplaires. Quelques semaines plus tard, les ventes de la tablette dépassaient le cap du million.
En France, les premières prévisions de l’institut d’études GfK parlent de 400 000 à 450 000 ventes de tablettes d’ici fin 2010. L’iPad d’Apple devrait « représenter plus de 80 % de ce marché », pronostique François Klipfel, directeur général adjoint de GfK.
Si le succès commercial lui semble promis, l’iPad est-il pour autant à la hauteur des espérances générées ? Nous avons pu le tester ces dernières semaines, aux Dernières Nouvelles d’Alsace. Premier constat, la prise en main de la tablette est un réel plaisir. Légère, intuitive et ergonomique, elle séduit par sa maniabilité et son design.
Conçu selon le même principe qu’un iPhone ou qu’un iPod Touch, l’iPad se base sur un système d’applications, téléchargeables sur l’Apple Store, magasin en ligne. 140 000 seraient déjà disponibles selon Apple, une bonne partie n’étant cependant qu’une version (mal) améliorée de celles pour iPhone.
Parmi les nouvelles applications créées spécifiquement pour l’iPad, la bibliothèque virtuelle iBooks, permet de lire des livres achetés en ligne (de très nombreux classiques sont disponibles gratuitement). Grâce à un rétro-éclairage efficace, la lecture se fait facilement. Et les pages se tournent avec un simple effet du doigt, comme pour un livre papier. La presse a également été l’une des premières à réagir. De nombreux journaux ont ainsi lancé des Apps spécifiques (lire ci-dessous).
L’iPad permet également de lire des vidéos, là encore achetées en ligne ou récupérées sur son ordinateur personnel, ainsi que des photos. Un écran multitactile de 25 cm de diagionale et d’une résolution plus qu’honnête offre une qualité impressionnante.
La navigation sur Internet,en wifi et/ou en 3G selon les modèles (lire encadré), se fait là encore de façon totalement intuitive, mais sans flash. Le système d’Adobe n’a pas eu les faveurs de Steve Jobs, ce qui a pour conséquence de rendre certains sites inaccessibles. Dommage.
La concurrence se fait attendre
L’iPad n’a pas que des qualités. Son prix, par exemple, en fait un objet réservé à une certaine catégorie de la population. D’autant qu’il faut payer en plus le moindre accessoire, tel un clavier bluetooth pour plus de confort d’écriture, une housse de protection, ou encore un adaptateur USB pour appareil photo.
Pour ces raisons, la concurrence est attendue avec une certaine impatience. Une vingtaine de modèles de marques diverses et variées doit voir le jour dans l’année à venir, et à des prix beaucoup plus raisonnables. Tous n’auront évidemment pas les qualités de l’iPad, mais certains modèles laissent d’ores et déjà entrevoir de belles perspectives. Dont celles de démocratiser l’utilisation des tablettes dites numériques, offrant aux utilisateurs une avancée technologique qui n’en est qu’à ses prémices.
Matthieu Mondoloni
(*) Plusieurs magasins vendront l’iPad demain en Alsace : Darty, Surcouf, FNAC et BeMac. Pour connaître les points de vente en détail, vous pouvez vous rendre sur http ://www.apple.com/fr/buy.
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 28 Mai 2010. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
« L’iPad : planche de salut pour Gutenberg » n’hésitait pas à titrer le Monde Magazine du samedi 15 mai. « L’iPad ne sauvera pas la presse écrite » réagissait pour sa part sur Le Figaro.fr Michael Ringier, président du groupe suisse de médias du même nom. Les acteurs du monde de l’information peinent à s’accorder sur la stratégie à adopter face à la tablette d’Apple.
Aux Etats-Unis, associés en amont par Steve Jobs, les grands médias américains ont développé des applications innovantes, enrichissant leurs contenus écrits par une mise en page ambitieuse propre à l’iPad, ainsi que par du « Rich Media » (vidéos, galeries photos, sons). C’est le cas du Wall Street Journal, du New York Times ou du magazine Wired.
En France en revanche, les premières applications créées par la presse déçoivent. Le Monde, qui a lancé la sienne dès début avril, se contente pour le moment de proposer les éditions du quotidien en PDF pour 0,79 €. « Nous n’avons eu que trois semaines pour créer notre application, précise Philippe Jannet, PDG du Monde Interactif. D’ici six mois, ce sera différent. Mais tout cela à un coût. Car ce n’est pas ajouter trois vidéos et quelques photos qui va changer la donne. »
Phase d’observation
Le PDG du Monde Interactif estime que le budget nécessaire à « une application digne de ce nom sur l’iPad se situe entre 400 000 et 500 000 € », soit plus de dix fois le prix de l’application iPhone du Monde.fr. « Nous sommes dans une face d’observation. On ne sait pas comment les acheteurs vont réagir, d’autres tablettes vont sortir… On va apprendre. »
« Le risque, c’est de décevoir les lecteurs. Et donc d’avoir beaucoup de mal à les récupérer après coup », met en garde Emmanuel Torregano, journaliste-fondateur d’electronlibre.info, un site spécialisé dans les nouvelles technologies et les médias. « Pour l’instant, la plupart des journaux ont transformé l’iPad en une simple liseuse PDF. C’est aberrant ! s’emporte le journaliste. Le mot d’ordre est pourtant simple : « Développe-toi et l’iPad t’aidera. »
Pour Michel Landaret, PDG de SdV, qui crée et gère de nombreux sites Internet d’informations en France, « la vraie question, c’est « Est-ce que la presse peut survivre à l’apparition d’un nouveau support ? » Si l’iPad fait chuter les ventes du papier de 5 à 20 % dans les cinq ans à venir, ce qui peut arriver, on pourra difficilement supprimer 5 à 20 % d’une rotative ». Or, «la presse française est déjà dans un état de douleur avancée. L’iPad et les autres tablettes peuvent lui faire plus mal encore dans les années à venir.»
Comment se positionner face à l’arrivée de cet objet, présenté par certains comme le «fossoyeur du papier» ? «Vendre de l’info est aujourd’hui une hérésie. Il faut profiter de ce nouveau support pour vendre autre chose. De la plus-value, un service, une newsletter détaillée…», conseille Emmanuel Torregano. «Le raisonnement doit se faire titre par titre, tempère Michel Landaret. Il faut tenir compte du lectorat de chacun. Les urbains sont près à passer au tout numérique, les ruraux sans doute moins. Mais une chose est sûre, certains journaux peuvent décemment penser à abandonner purement et simplement le papier.»
Les solutions trouvées par chacun varient, et varieront encore demain en fonction des usages. En revanche, beaucoup s’accordent à dire que le point positif de l’iPad est de revenir au payant : «C’est la vraie bonne nouvelle, constate Ludovic Blecher, directeur des éditions électroniques de Libération. Nous sommes enfin tous d’accord pour dire que l’information de qualité à un coût.»
MMo
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 28 Mai 2010. – Tous droits de reproduction réservés
_________________________________________________________________________
Depuis sa sortie aux Etats-Unis début avril, l’iPad n’a eu cesse de faire couler – paradoxalement pour un média numérique – beaucoup d’encre.
Il y a les pro et les anti-iPad. Ceux qui n’y voient qu’un objet inutile, privé de port USB, de flash et bridé par la firme de Cupertino (siège d’Apple aux Etats-Unis, ndlr), et ceux qui, au contraire, le jugent révolutionnaire, n’hésitant pas à le présenter comme le « sauveur » d’une presse en crise (lire ci-contre en bas de page), voire comme le fossoyeur de l’objet imprimé, livres et journaux confondus.
« La vertu est au milieu des extrêmes », écrivait Aristote. Une phrase à méditer pour les adversaires et les défenseurs d’Apple. Car il est évidemment trop tôt pour savoir avec précision ce que l’iPad changera demain. Cependant, son succès, réel aux Etats-Unis et attendu en Europe (lire ci-contre), et l’arrivée annoncée d’une vingtaine de concurrents – sans doute moins chers – dans l’année à venir laissent présager d’une démocratisation de la tablette, comme ce fût le cas avec l’iPhone. L’iPad amène une mobilité, une navigation intuitive et une facilité de prise en main qui, incontestablement, bouleverseront l’utilisation de l’Internet de demain.
Le cartable
de demain
Pour donner raison à ses détracteurs, l’iPad créé effectivement un besoin qui n’est pas nécessaire (est-ce le seul objet ?). Mais il offre surtout de nouvelles perspectives qu’il faut observer, scruter et analyser, au moins du coin de l’oeil. On ne peut s’empêcher, en effet, de penser aux améliorations technologiques offertes par cet outil. A quoi bon, demain, continuer à équiper nos enfants de cartables lourds et encombrants quand on peut mettre l’ensemble des livres de classes sur une tablette de 700 grammes ? Comment ne pas songer à profiter de la simplicité d’utilisation de l’iPad pour amener plus facilement les personnes âgées à Internet ? Peut-on sérieusement soutenir que l’arrivée des tablettes n’aura aucun impact sur le modèle actuel de la presse ou du monde de l’édition ?
L’iPad marque une avancée technologique considérable, il est difficile de le nier, avec ses défauts et ses qualités. C’est en fait un joli train, plein de progrès. Il faut le regarder sagement arriver, ne pas s’y précipiter, et surtout, ne pas oublier d’y monter le moment venu.
MMo
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 28 Mai 2010. – Tous droits de reproduction réservés
_________________________________________________________________________
Nuage de cendres en Europe
Strasbourg-Entzheim a pu reprendre ses vols commerciaux hier matin, après cinq jours de fermeture et une perte estimée à environ 150 000 €. Malgré les perturbations, les premiers voyageurs rencontrés restaient philosophes, trop heureux de rentrer ou de partir.
14h30 : devant le hall « Arrivées » de l’aéroport de Strasbourg-Entzheim, six taxis attendent désespérément des clients. « C’est le coup de grâce ! Déjà avant, c’était compliqué pour nous, mais là, avec le nuage, c’est vraiment la fin », se plaint Georges Charly, 32 ans, dont sept passés à conduire des clients. « Il n’y a que le Bruxelles-Strasbourg qui s’est posé depuis la réouverture ce matin, constate de son côté Ignace Denoumba, 45 ans. Et à bord, il n’y avait que quatre passagers. Depuis, plus rien… »
Si le trafic a officiellement repris depuis le matin 6 h, il reste encore perturbé en ce début d’après-midi. Des vols ont été annulés, d’autres souffrent de plusieurs heures de retard. « C’est normal, rassure Francis Ruetsch, le directeur marketing de l’aéroport bas-rhinois, il faut un peu de temps pour que les rotations reprennent un cours normal. Mais d’ici ce soir (hier soir, ndlr), tout devrait fonctionner à nouveau. » Pour preuve, il montre du doigt les écrans des arrivées et des départs. La plupart des vols attendus l’après-midi sont indiqués comme étant maintenus.
Tarif réduit à l’hôtel
Ce qui rassure Arnaud Franz et sa femme Alexia, venus d’Epinal dans les Vosges. Avec leur fils de quatre ans, Aloys, ils devaient partir mardi pour une semaine de vacances à Izmir en Turquie. « Le vol d’hier a été annulé. On a dû prendre une nuit d’hôtel près de l’aéroport. Ça fait des frais en plus, mais ça va, il y a plus grave », philosophe le père de famille. « Et puis notre vol a été confirmé pour aujourd’hui, donc nous sommes certains de partir », poursuit Alexia.
Le vol est effectivement annoncé partant, avec quelques heures de retard. Un retard subi, à l’arrivée cette fois, par Gilles et Nathalie Galeste, un couple de Nancéiens revenus de Turquie. « Nous devions arriver hier matin. Nous avons donc simplement dû payer une nuit supplémentaire. Heureusement, nous avons eu un tarif réduit, 60 € au lieu de 110 », explique-t-elle. « Comparée à celle d’autres voyageurs, notre situation n’est pas dramatique. Dans notre hôtel, il y a des gens de la région de Nantes coincés depuis samedi », indique son époux.
« Nous, nous aurions bien aimé passer quelques jours de plus en vacances », s’amusent deux couples d’amis originaires de Still et Rosheim. Leur avion, arrivé de Marrakech, est le troisième de la journée à se poser à Entzheim, et avec seulement quelques heures de retard. « On s’en sort bien. Hier soir (avant-hier soir, ndlr), notre vol était annoncé comme annulé. Finalement, on nous a réveillés dans la nuit, à 3 h30, pour nous dire de rejoindre l’aéroport. »
150 000 euros de pertes estimées
Les premiers passagers arrivés n’ont pas trop souffert de cette fermeture soudaine de l’aéroport bas-rhinois. Contrairement à Francis Ruetsch, son directeur marketing. L’air fatigué, la mine abattue, il parle de « 150 000 euros de pertes estimées sur les cinq jours ». « Pour une PME comme la nôtre, c’est beaucoup. Nous ne disposons pas d’un gros matelas d’économie. Par chance, ce n’est que le début de saison. On s’en remettra.»
Matthieu Mondoloni
© Dernières Nouvelles D’alsace, Jeudi 22 Avril 2010. – Tous droits de reproduction réservés
___________________________________________________________________________
Internet
A l’aide de différents mots-clefs, certains voyageurs bloqués dans les aéroports utilisent le réseau social pour s’informer, et pour essayer de rentrer chez eux.
« #getmehome », « ramenez moi à la maison ». C’est le mot-clef utilisé par des voyageurs de toutes nationalités sur Twitter ces dernières heures. Bloqués dans les aéroports en raison des perturbations liées au nuage de cendres, ils tentent de s’organiser pour rejoindre au plus vite leur domicile, distant de plusieurs centaines de kilomètres, voire de plusieurs milliers.
« Je pars d’Amsterdam pour l’aéroport d’Heathrow, en Angleterre, par bus, puis par Eurotunnel. Voyage prévu mardi 20 avril. Il reste une place », avise un utilisateur sur le réseau social. « Voyage de Paris, France, vers l’Espagne. On peut partager les frais de covoiturage. Si quelqu’un est intéressé me contacter en DM (acronyme pour « direct message » sur Twitter, ndlr) », propose un autre utilisateur.
Trouver des « plans B »
Le réseau social est également utilisé pour tenter de trouver des « plans B » dans les villes où les voyageurs sont bloqués. Hôtels encore disponibles, solutions d’hébergement à bas prix ou gratuites, tous les bons plans s’échangent via les mini-messages : « Un camarade cherche hébergement à New York le temps que le nuage le laisse rentrer à Paris. Contactez-moi ».
Entraide, solidarité, les voyageurs s’organisent comme ils peuvent. Ils échangent également des informations sur le trafic aérien à l’aide des mots-clefs #ashcloud (nuage de cendres) et #ashtag. Des mots-clefs également utilisés par les compagnies aériennes qui communiquent ainsi en temps réel sur l’évolution de la situation qui ne cesse de changer.
Matthieu Mondoloni
© Dernières Nouvelles D’alsace, Lundi 19 Avril 2010. – Tous droits de reproduction réservés
____________________________________________________________________________
Élections régionales / Les réseaux sociaux dans la campagne

Après les marchés et les meetings électoraux, une partie de la campagne des régionales se fait sur Internet. Conscients de l’importance prise par les réseaux sociaux, les candidats soignent leur profil Facebook ou Twitter, espérant convertir leurs «amis» en autant d’électeurs les 14 et 21 mars.
« Plus de 900 nouveaux amis sur Facebook en deux jours, la dynamique est en marche. » Le message, envoyé sur Twitter par Philippe Richert (UMP) dimanche dernier, montre l’importance prise par les réseaux sociaux dans la campagne des régionales. Quasiment tous les candidats ont un profil soit sur Facebook, soit sur Twitter. « C’est difficile aujourd’hui d’imaginer une campagne sans s’intéresser aux internautes », reconnaît Philippe Richert. Et de constater que « lors des réunions électorales, il y a moins de monde qu’avant. Les réseaux sociaux permettent de garder le contact avec les gens ».
Espionner
les autres candidats…
Même constat pour Jacques Bigot (PS) : « Les réunions publiques n’attirent plus que les sympathisants. Facebook et Twitter permettent de toucher d’autres gens en démultipliant le message. » Autrement dit, un message publié par un candidat est vu directement par ses «amis», mais également les «amis» de ses «amis», etc. « Ça ne remplace pas une campagne traditionnelle, mais c’est un plus incontestable », reconnaît pour sa part Jacques Fernique (Europe Écologie). Un plus qui permet de diffuser ses idées, mais « aussi de sentir les choses». « Avant même la publication du sondage nous donnant vainqueur au second tour, nous avions déjà constaté un regain d’intérêt sur mon profil Facebook. En quelques jours, j’avais gagné plus de 700 « amis » .»
Le difficile exercice
de la concision
Jacques Fernique y voit également une autre utilité : « On peut facilement se tenir au courant de ce que font les autres candidats », reconnaît-il, sourire malin aux lèvres. A condition toutefois de faire partie du réseau de son adversaire politique. Sur Facebook, Jacques Fernique est-il l’ami de Philippe Richert ou de Patrick Binder ? « Non, bien entendu. Mais un militant peut aussi être ami avec un candidat adverse et regarder ce qu’il fait », poursuit la tête de liste Europe Écologie.
Rien de très secret évidemment. Cette veille des réseaux sociaux permet surtout aux candidats de réagir rapidement aux déclarations d’un adversaire politique. Une veille réalisée le plus souvent par leur équipe de campagne. Celle-ci s’occupe également d’actualiser les statuts Facebook ou les gazouillis Twitter de leurs candidats respectifs.
On n’est pas aux États-Unis
Sur les cinq têtes de liste interviewées, seule une affirme être à l’origine de l’intégralité de ses messages. Les autres en écrivent une partie seulement. « Je veux être le seul auteur de ce que je raconte. Je ne veux pas que quelqu’un pense à ma place », explique Yann Wehrling (MoDem). « Ça me prend un temps fou, mais je réponds à tous. C’est intéressant d’avoir un contact direct avec des gens qui ne sont pas forcément des militants. »
Cette interactivité plaît aux candidats. Avec toutefois l’obligation de la concision, exercice parfois difficile pour les hommes politiques, plutôt d’un naturel prolixe. « On tâche de répondre sans faire dans la dissertation », s’amuse Philippe Richert. « C’est vrai que 140 caractères (taille maximum d’un message sur Twitter, ndlr), c’est très court. D’autant que je n’aime pas les petites phrases », renchérit Yann Wehrling.
Patrick Binder (FN) se veut plus sceptique encore : « Si je suis sur les réseaux sociaux, c’est pour ne pas laisser la place vide, mais sincèrement, je ne suis pas spécialement convaincu. On donne l’exemple d’Obama qui a fait sa campagne en partie sur Facebook ou Twitter, mais on n’est pas aux États-Unis ». Le candidat FN dit préférer les blogs qui permettent de développer les propos.
D’autres, comme Jacques Fernique, expliquent prendre plaisir à « jouer avec les mots, le beau style et le sens de la formule ». A l’image de l’un de ses derniers messages Facebook : « Commission permanente du conseil régional : quatre UMP présents. Ils anticipent peut-être sur leur représentation future ? ». Deux élus PS ont «aimé ça» selon la formule de Facebook, mais aucun UMP. Et pour cause, l’information qui autorisait ce trait d’humour était vraie en tout début de réunion, la plupart des élus étant retardés à la suite d’un accident sur l’autoroute. Ensuite la représentation du groupe majoritaire était de 60 % alors que celle du groupe Vert n’était que de 50 % (Fernique présent, Andrée Buchmann absente). Mais personne à l’UMP n’a songé à répliquer au message de Fernique. Défaut de veille…
Matthieu Mondoloni (@M_Mondoloni)
© Dernières Nouvelles D’alsace, Dimanche 14 Février 2010. – Tous droits de reproduction réservés
__________________________________________________________________________________
Internet

La célèbre application du géant américain Google, Street View, couvre depuis mercredi la quasi-totalité des villes et villages alsaciens. Il est désormais possible de se promener, en trois dimensions, dans les rues de Colmar, de Rouffach, d’Ingenheim et de bien d’autres…
Mercredi, Google a effectué une grosse mise à jour de son application Street View (voir encadré). L’Alsace en bénéficie largement, puisqu’elle fait désormais partie des régions les mieux couvertes selon le géant américain.
Limités il y a peu encore à la visite en 3D de la seule Strasbourg, les internautes peuvent aujourd’hui se promener virtuellement du nord au sud de la région, visiter les grandes villes, mais aussi et surtout d’innombrables villages et autres lieux historiques. Voir le vieux Riquewihr, découvrir la Petite Venise à Colmar ou regarder le Haut Koenigsbourg sont autant de promenades virtuelles désormais permises par Street View (*).
Visages « floutés »
« Notre objectif est de répertorier le plus d’endroits possibles. En Alsace, du nord au sud, nous couvrons déjà les grands axes, et la plupart des routes principales », explique Anne-Gabrielle Dauba-Pantanacce, responsable communication de Google France.
Les photos sont prises par une voiture ou un tricycle, selon l’accessibilité des endroits, et toujours « à hauteur d’homme » pour permettre un confort de navigation. Quid du respect de la vie privée ? « Tous les visages sont « floutés » (rendus flous, ndlr) de façon à ce qu’on ne reconnaisse pas les personnes. Mais en cas d’oubli, ou si un internaute souhaite voir disparaître sa maison de Street View, il suffit de nous alerter », poursuit la responsable communication.
Quant aux données, elles sont régulièrement actualisées : « Dès que nécessaire, nous renvoyons la voiture Google ou le tricycle pour faire de nouveaux relevés ou pour corriger d’éventuelles erreurs ».
Google ne s’arrête évidemment pas à l’Alsace, ni même à la France ou à l’Europe. La firme américaine cartographie en 3D les lieux les plus divers. Elle a d’ailleurs signé hier un accord avec l’UNESCO pour permettre de visiter virtuellement plusieurs sites du patrimoine mondial.
Matthieu Mondoloni
(*) Retrouvez aujourd’hui sur notre site Internet www.dna.fr quelques-unes de ces visites virtuelles.
© Dernières Nouvelles D’alsace, Dimanche 06 Décembre 2009. – Tous droits de reproduction réservés
_____________________________________________________________________________________
Commémoration du 11 Novembre
Lors de son discours, hier à Paris, Nicolas Sarkozy a-t-il commis une erreur historique en parlant des Malgré-nous dans la Grande Guerre ?
Certains de nos lecteurs nous ont interpellés dès hier pour nous faire part de ce qu’ils considéraient être une « erreur historique » dans le discours du président de la République. Nicolas Sarkozy se serait trompé en parlant des « Malgré-nous » pour désigner les combattants alsaciens et mosellans de 14-18 : « On mesure ce que cette guerre avait d’absurde et de suicidaire en songeant (…) aux « Malgré-nous », alsaciens et lorrains, placés par les vicissitudes de l’histoire entre deux patries et qui se battaient avec un uniforme allemand et un coeur français (…) ».
Le terme apparaît
dès 1920
Le terme « Malgré-nous » désigne généralement les Alsaciens-Mosellans ayant combattu côté allemand pendant la Seconde Guerre mondiale plutôt que pendant la Première. Et pourtant, il ne s’agit pas là d’une méprise historique. Si on emploie effectivement plus rarement « Malgré-nous » pour désigner les combattants de la Grande Guerre, l’expression apparaît bel et bien dès la fin de la Première Guerre mondiale.
L’encyclopédie en ligne Wikipedia parle d’un terme employé pour la première fois en 1920, soit deux ans après la fin du conflit : « Des associations d’anciens combattants alsaciens et lorrains de la Grande Guerre employèrent cette formule pour mettre en avant le fait qu’ils avaient dû se battre, malgré eux, dans l’armée allemande contre la France (…) ».
Mais les deux situations ne sont pas comparables. Les soldats alsaciens et mosellans de 14-18 étaient pour beaucoup nés allemands, dans une région certes annexée par l’Allemagne depuis 1871, mais avec l’accord (et un traité) de la communauté internationale. En 1942, l’Alsace-Moselle est cette fois occupée par la force, ce qui donne au terme « Malgré-nous » tout son sens pour désigner les soldats de l’époque enrôlés, eux-aussi, de force.
«Ces drôles de soldats »
qui embarrassaient
la République
Pourquoi le terme est-il alors employé dès les années 20 ? Tout simplement parce qu’au retour de la Grande Guerre, les Alsaciens et Mosellans, allemands depuis 47 ans, entendent se démarquer d’une Allemagne désormais indésirable dans la région. Ces soldats du « mauvais camp » choisissent de se « faire tout petits », comme l’expliquait hier dans les DNA Pascale Hugues.
Nicolas Sarkozy a donc reconnu officiellement -et involontairement ?- le statut de « Malgré-nous » à « ces drôles de soldats » qui, comme le rappelait aussi Pascale Hugues, embarrassaient depuis longtemps la République.
Matthieu Mondoloni
© Dernières Nouvelles D’alsace, Jeudi 12 Novembre 2009. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Multimédia / Sortie aujourd’hui de l’iPhone 3G S
Un an à peine après la sortie de l’iPhone 3G, Apple veut rester en pointe des fabricants de smartphone en sortant l’iPhone 3G S (*). Disponible aujourd’hui chez Orange – et dans quelques jours chez SFR et Bouygues Telecom – ce nouveau modèle propose quelques petits plus, mais rien de révolutionnaire.
De nombreux possesseurs du 3G ont rapidement fait part de leur déception sur Internet, quand a été annoncé le 3G S le 8 juin dernier. Par rapport à la version 3G, il possède en plus une caméra vidéo, un système de contrôle vocal et une boussole. Rien de très nouveau en somme. C’est plus sous le capot que se trouvent les principales améliorations: une meilleure autonomie, un processeur plus puissant et donc des performances globales revues à la hausse (le S de 3G S signifie Speed (« vitesse ») selon Apple). De quoi enthousiasmer les personnes qui hésitaient à se tourner vers l’iPhone, mais de quoi refroidir les possesseurs d’iPhone 3G, qui devront remettre la main au porte-monnaie pour bénéficier de la version améliorée, un an à peine après avoir déboursé au minimum près de 200 €. La sortie de l’iPhone 3G S est surtout une bonne opération marketing pour Apple. D’autant qu’avec la sortie du 3G S, le 3G baisse de prix : on peut désormais le trouver à 99 € avec abonnement, au lieu de 249 € il y a un an.
Un nouveau système d’exploitation
Les nouveaux utilisateurs pourront bénéficier quasiment des mêmes fonctions que sur le 3G S. Car la vraie nouveauté est sortie un peu plus discrètement -et gratuitement- ce mercredi: un nouveau système d’exploitation (firmware 3.0) pour les iPhones. S’il n’offre pas caméra, boussole et contrôle vocal, il comble de nombreuses lacunes en ajoutant MMS, copier-coller, dictaphone, clavier en mode paysage pour plus d’applications, et bien d’autres choses, permettant à l’iPhone de rester un incontournable dans sa catégorie.
Matthieu Mondoloni
(*) Entre 149 € et 229 € selon modèles, avec un nouvel abonnement chez Orange (tarifs non communiqués chez SFR et Bouygues)
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 19 Juin 2009. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Football / Invité de l’Entretien Orange-DNA-Alsatic

Après une série historique de onze défaites consécutives la saison dernière et une relégation en Ligue 2, Jean-Marc Furlan vit sa nouvelle mission avec obsession.
« J’ai un objectif : remettre le club là où je l’avais trouvé en arrivant, c’est-à-dire en Ligue 1 », explique l’entraîneur général du Racing club de Strasbourg lors de l’Entretien Orange-DNA-Alsatic de cette semaine.
Cette fin de saison pourrait lui être favorable. A quatre journées de la fin du championnat, l’équipe alsacienne est deuxième du classement. « Deux victoires et un match nul devraient suffire, poursuit le technicien. Mais tous les week-ends, on l’a vu, il y a des surprises. »
Arrivé à la tête de l’équipe alsacienne en 2007, il a vécu depuis un parcours en dents de scie, et a subi de nombreuses critiques, venues parfois de l’intérieur du club. Au point que l’on a parlé de relations difficiles avec le président du Racing, Philippe Ginestet.
Jean-Marc Furlan refuse de le confirmer, mais admet qu’il n’y a « jamais de symbiose totale entre un président et un entraîneur » et que « les entraîneurs ont certaines idées qu’ils veulent appliquer, et qui ne sont pas forcément celles du patron local… ».
Des divergences qui pourraient précipiter son départ en fin de saison, et ce même en cas de remontée en Ligue 1 : « Tout ce que je peux vous dire, c’est qu’il me reste un an de contrat », glisse le technicien. Une année de contrat dont le Racing devrait s’acquitter en cas de rupture avec son entraîneur général.
MMo
Retrouvez cette interview pendant une semaine sur les sites internet des DNA (www.dna.fr), d’AlsaticTV (www.alsatic.com) et d’Orange (www.orange.com). Des extraits sont également disponibles sur le service Orange World (internet mobile).
La vidéo de l’entretien:
© Dernières Nouvelles D’alsace, Vendredi 08 Mai 2009. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________
Internet / Les DNA lancent le site otan-strasbourg.dna.fr
A l’occasion du sommet de l’Otan et du contre-sommet qui l’accompagne, les Dernières Nouvelles d’Alsace lancent aujourd’hui un site internet dédié à cet événement. Vous y trouverez des informations pratiques, un espace de débats et d’échanges et toute l’actualité, en temps réel, autour de cette manifestation.
A événement exceptionnel, traitement exceptionnel. Pour suivre le sommet de l’Otan et le contre-sommet, la rédaction des DNA se mobilise et vous propose, en plus de votre journal, un site internet spécial consacré à cet événement majeur : Le site info du sommet de l’Otan (http ://otan-strasbourg.dna.fr).
DES INFOS PRATIQUES.- Il réunira l’ensemble des informations pratiques parues dans nos colonnes ces dernières semaines. Vous y trouverez le programme des manifestations, des plans détaillées des zones de sécurité, des numéros de téléphones et des liens utiles…
Comment se déplacer à Strasbourg ? Qui sont les anti-Otan et où seront-ils installés ? Quand et où aura lieu la photo officielle des chefs d’État et de gouvernement ? Toutes les réponses à ces questions sont sur le site info du sommet de l’Otan.
L’ACTU EN TEMPS RÉEL.- Toute la semaine, le site vous proposera également de suivre l’actualité du sommet et du contre-sommet. Dans la colonne de droite, un fil-info vous livrera en temps réel les dernières informations, envoyées notamment depuis le terrain par des journalistes équipés pour l’occasion de terminaux multimédia qui permettent un traitement direct.
Un fil-info
et des reportages
Ils mettront au service des internautes leur connaissance de la ville et du sujet pour vous informer, le plus rapidement possible, des événements qui se déroulent dans les rues de Strasbourg, de Kehl ou de Baden-Baden. La colonne centrale du site sera, elle, consacrée à des sujets plus développés : articles, reportages vidéo, web reportages…
UN ESPACE DE DÉBATS.- Le site info du sommet de l’OTAN sera un espace interactif pour les lecteurs et internautes, laissant une grande place aux échanges et aux débats. Vous vivez dans une zone rouge ou orange, vous êtes témoin d’un événement important, ou vous souhaitez simplement donner votre avis et en discuter, notre site vous donne la parole.
En lançant ce service, les DNA souhaitent jouer la carte de la complémentarité. Le site vous offrira les dernières informations dès qu’elles seront en notre possession. Des informations qui seront développées et analysées dès le lendemain dans votre journal.
Matthieu Mondoloni
© Dernières Nouvelles D’alsace, Dimanche 29 Mars 2009. – Tous droits de reproduction réservés
________________________________________________________________________________

Les menaces de cyber-guerre sont de plus en plus sérieuses. Pour y faire face, l’Otan et l’ensemble de ses pays membres cherchent à développer leur cyber-défense. Ce sera l’un des thèmes abordés pendant le sommet.
Avril 2007, après avoir déboulonné une statue à la gloire de l’Armée rouge à Tallin, l’Estonie est victime d’une cyber-guerre, menée par la Russie. Rapidement, les sites gouvernementaux sont victimes d’attaques par « déni de service distribué » (surcharge des serveurs informatiques), ce qui a pour effet de les rendre indisponibles plusieurs jours durant. Sont touchés les sites officiels du gouvernement, du Premier ministre, du Parlement et de certains ministères.
Officiellement, ces cyber-attaques sont le fait de pirates russes indépendants. Mais l’Estonie y voit, elle, la main du Kremlin ce qui ferait de ce conflit virtuel la première cyber-guerre menée officiellement entre deux états.
Depuis, Tallin a demandé à l’Otan de l’aider à lutter contre ces intrusions informatiques. Des experts ont été envoyés sur place, et en mai 2008, un « Centre d’excellence » sur la cyber-défense est officiellement mis en place par l’Alliance atlantique dans la capitale estonienne. Ses missions principales sont de protéger les systèmes informatiques clés et contrer les éventuelles cyber-attaques dont seraient victimes les pays membres et alliés.
Les exemples sont de plus en plus nombreux : cyber-attaques ménées depuis la Chine contre Taïwan, depuis la Russie contre la Géorgie en 2008, ou entre les Palestiniens du Hamas et Israël…
« De nos jours, la probabilité d’une attaque cybernétique dirigée contre nos réseaux est beaucoup plus grande que celle d’une IEM (impulsion électromagnétique qui brouille les télécommunications et détruit les matériels radios, particulièrement redoutée pendant la Guerre froide, ndlr). (…) Nous devrions donc envisager de nous servir des capacités uniques qui existent déjà dans nos forces armées et chercher à les développer », déclarait le secrétaire général de l’Otan, Jaap de Hoop Scheffer, au début du mois à Paris, lors d’un discours à la Fondation pour la recherche stratégique.
Cette nouvelle façon de mener la guerre prend différentes formes : attaques ciblées contre des sites officiels, comme en Estonie ; propagandes numériques, qui consistent à envoyer de nombreux spams aux internautes ; espionnage informatique qui permet de recueillir des données mal sécurisées.
De nombreux pays accusent
un retard considérable
Bien orchestrées, des cyber-attaques permettent également de prendre le contrôle des équipements militaires (ordinateurs, satellites…), ainsi que des communications d’une armée, mettant les troupes au sol en danger.
Enfin, dans le cadre de ce que les spécialistes de la question nomment une « cyber-guerre totale », ce sont les infrastructures d’un pays qui peuvent être prises pour cible. « La cyber-guerre totale provoque des dégâts matériels et fait des victimes, soit par suite d’attaques lancées délibérément pour semer la destruction, soit à cause d’une dégradation (…) du contrôle de la circulation aérienne, de la gestion des services d’urgence, de la gestion de l’approvisionnement en eau et de l’alimentation en énergie électrique », expliquaient dès 2002 trois experts américains dans un article de la Revue de l’Otan intitulé « Contrer la cyber-guerre ».
Ces menaces sont aujourd’hui prises très au sérieux, d’autant que de nombreux pays accusent un retard considérable en terme de cyber-défense. Lors du sommet du 3 et 4 avril, les membres de l’Otan tenteront de réfléchir aux stratégies à mettre en place pour pallier ce retard.
Matthieu Mondoloni
© Dernières Nouvelles D’alsace, Dimanche 29 Mars 2009. – Tous droits de reproduction réservés